Des réalisations concrètes pour faire la paix et réconcilier les Européens
L’histoire de la construction de l’Union européenne a commencé après la fin de la Deuxième Guerre mondiale. L’Europe était alors en ruines et il fallait tout reconstruire. Mais avant tout, il fallait trouver une solution pour que les ennemis chroniques – l’Allemagne et la France – s’entendent à nouveau pour enfin arriver à une paix durable en Europe.
Le 9 mai 1950, le ministre des Affaires étrangères français, Robert Schuman, déclare dans un discours devenu ensuite célèbre : « L’Europe ne se fera pas d’un coup, ni dans une construction d’ensemble. Elle se fera par des réalisations concrètes, créant d’abord une solidarité de fait. ». Avec Jean Monnet, un autre Français et Européen convaincu, Robert Schuman va élaborer un plan permettant une collaboration concrète entre la France et l’Allemagne autour du charbon et de l’acier, deux ressources indispensables pour la reconstruction de l’Europe. Les deux hommes l’avaient très vite compris : uniquement les projets concrets allaient pouvoir réconcilier les Européens sur le long terme. Ils vont tout mettre en œuvre pour bâtir une Europe utile pour les citoyens dans leur vie quotidienne.

Fondée au départ  par six pays (l’Allemagne, la Belgique, la France, l’Italie, le Luxembourg et les Pays-Bas), l’Union européenne (UE) compte aujourd’hui 27 pays membres et depuis les années 50, beaucoup de projets concrets ayant un impact sur notre quotidien ont effectivement vu le jour : la création d’un marché unique* et d’une monnaie commune – l’euro* – facilitant le commerce des marchandises en Europe, la libre circulation des personnes sans contrôles aux frontières dans les pays de l’Union et des fonctionnements communs dans plusieurs domaines importants comme p.ex. l’environnement, la consommation, l’agriculture et la pêche ou encore la recherche.
> *Des explications complémentaires dans notre petit dico européen

Des institutions dans plusieurs villes européennes
La gestion de ce travail en commun des 27 pays membres est confiée à différentes institutions ayant chacune sa compétence comme p.ex. la Commission européenne (à Bruxelles) qui propose des lois  qui sont ensuite analysées et votées par le Conseil de l’Union européenne (à Bruxelles) et le Parlement européen (à Strasbourg). Aussi, pour qu’une proposition de loi se transforme en un vrai projet concret, les membres de ces deux institutions doivent impérativement se mettre d’accord, ce qui n’est pas toujours facile. C’est au Luxembourg qu’est située la Cour de justice de l’Union européenne qui contrôle le respect des lois et on y trouve également la Cour des comptes européenne qui s’occupe de vérifier l’aspect financier des différents projets votés. Pour mettre en route tout ce travail en commun, les chefs d’Etat et de gouvernement des 27 pays membres de l’Union européenne se réunissent plusieurs fois par année lors de réunions au sommet pour se mettre d’accord sur le contenu des grands projets à lancer.

Le Parlement européen à Strasbourg…
Le Parlement européen a son siège à Strasbourg et tous les mois, ses représentants – les députés européens – se réunissent pendant 4 jours dans le bâtiment Louise Weiss, un grand bâtiment vitré situé dans le Quartier européen de Strasbourg, pour voter les lois européennes. Les députés du Parlement européen ne sont toutefois pas à Strasbourg en permanence. Le travail de préparation des séances de vote a lieu à Bruxelles et dans les 27 pays membres où les députés partent à la rencontre des citoyens pour échanger et dialoguer. C’est important car les 705 députés du Parlement européen sont élus par les citoyens européens justement à l’occasion d’élections européennes tous les cinq ans. En devenant ainsi leurs porte-paroles, il est donc essentiel pour les députés de les consulter et les écouter afin de défendre au mieux leurs souhaits pendant les débats et les votes.

… pour des sessions mensuelles multilingues
Lors des rencontres mensuelles à Strasbourg – appelées « sessions plénières » – les députés peuvent s’exprimer et débattre au choix dans l’une des 24 langues officielles de l’Union européenne.  Pour se faire comprendre, ils se font assister par des interprètes qui sont présents tout au long de la session pour assurer la traduction – un sacré travail qui demande beaucoup de concentration car il faut restituer en temps réel, à la même vitesse que la personne qui parle sans perdre le fil du discours !!  Les documents de l’Union européenne existent aussi dans les 24 langues officielles de l’Union mais cette fois-ci, ce sont des traducteurs qui s’occupent du travail de rédaction qui peut aussi être un peu complexe par moments car il faut maîtriser beaucoup de termes juridiques et techniques.  D’ailleurs aujourd’hui, les services linguistiques des différentes institutions de l’Union européenne comptent plus de 4000 traducteurs et quelque 800 interprètes – l’enjeu est important car cela permet de faciliter considérablement la communication avec les 450 millions de citoyens que comptent les 27 pays de l’Union.

Le savais-tu ? Nous vivons tous l’Europe au quotidien… souvent sans le savoir !!

L’Union européenne nous semble parfois bien lointaine et peu préoccupée par notre vie quotidienne et pourtant c’est loin d’être le cas – la preuve par quelques exemples : un marché unique avec la libre circulation des personnes et des marchandises, des paiements en euros dans 19 pays membres de l’Union européenne, un numéro d’appel d’urgence – le 112 – valable dans tous les Etats membres, la carte européenne d’assurance maladie en cas de besoin de soins médicaux dans un autre Etat membre, une sécurité alimentaire pour protéger les consommateurs européens à travers les frontières, une surveillance de la qualité de l’eau potable et même de l’eau de baignade, des appels mobiles sans surcoûts lors de déplacements dans l’Union etc. L’Europe nous touche finalement souvent de très près mais on n’en a juste pas toujours conscience.
> L’Europe dans ma vie – quelques exemples en vidéo