Pierre PFLIMLIN![]() Pierre Pflimlin élu Président du Parlement européen à Strasbourg. Crédit photo Parlement européen 5 Février 1907 : Naissance à Roubaix
Dès le mois suivant eurent lieu les élections à la première Assemblée nationale constituante. Le MRP choisi comme « jeune poulain » le tout nouveau venu et parfait inconnu Pierre Pflimlin et le plaça en quatrième position sur la liste. La liste du MRP obtient cinq sièges et deux mois après son retour à Strasbourg, il est député de l’Assemblée nationale constituante. Pierre Pflimlin retrouve à l’Assemblée et au sein du MRP Robert Schuman (futur père fondateur de l’Europe). C’est sous ses conseils que le député alsacien fera ses premiers pas parlementaire. Dès 1946, Pierre Pflimlin sera nommé sous-secrétaire d’Etat auprès du ministre de la Santé et de la Population. Il participera par la suite aux nombreux gouvernements de la IVème République. Robert Schuman le nommera ministre de l’Agriculture en 1947 et il aura la lourde tâche de moderniser l’agriculture et mettre fin aux pénuries alimentaires de l’après guerre. Malgré l’instabilité gouvernementale, cinq gouvernements se succédant, Pierre Pflimlin passera trois ans à la tête de ce ministère. Ministre du Commerce de 1951 à 1952, ministre de la France d'Outre-Mer de 1952 à 1953, il fut également ministre des Finances et des Affaires économiques de 1955 à 1956 et de 1957 à 1958 avant de devenir Président du Conseil le 13 mai 1958 dans des conditions particulièrement dramatiques. En prenant la présidence du Conseil, Pierre Pflimlin savait que pour résoudre les problèmes en Algérie, il fallait rapidement s’engager dans une réforme de l’Etat et de la Constitution. Mais le nouveau président du Conseil avait la réputation d’avoir une vision « libérale » sur la question algérienne. Pierre Pflimlin ne put résister au climat d’insurrection en Algérie et négocia la transmission du pouvoir au Général de Gaulle en toute légalité. Il démissionna le 28 mai. Pierre Pflimlin accepta de participer en tant que Président du MRP au dernier gouvernement de la IVème République, celui du Général de Gaulle. Pour élaborer la nouvelle Constitution le Général de Gaulle mis en place un comité interministériel auquel participait Pierre Pflimlin. Des dispositions proposées par Pierre Pflimlin, l’article 49-3 qui permet au Premier ministre de faire passer un texte qu'il présente, sans vote en posant la question de confiance, est certainement le plus connu. En 1962, Pierre Pflimlin participera encore au gouvernement de Georges Pompidou souhaitant ainsi infléchir, de l’intérieur, les positions du Général envers l’Europe. Un mois à peine après sa nomination, une conférence de presse au cours de laquelle le Général de Gaulle brocarde les partisans de la construction européenne le conduit avec trois autres ministres du MRP à démissionner du gouvernement. Pierre Pflimlin se consacrera alors le restant de sa vie à deux autres chantiers chers à son cœur : sa ville (Strasbourg) et la construction européenne.
Pierre Pflimlin continuera d’œuvrer pour la création d’une « Grande Europe » après avoir quitté le gouvernement français. De 1959 à 1967, il occupera la fonction de représentant de la France à l’Assemblée consultative du Conseil de l’Europe. De 1963 à 1966, il sera même le président de cette assemblée. De 1962 à 1967, Pierre Pflimlin occupera en parallèle la fonction de représentant de la France au Parlement européen. Il reviendra ensuite au Parlement européen en 1979 à l’occasion des premières élections européennes au suffrage universel direct en tant que député européen appartenant au groupe du Parti populaire européen. Vice-président du Parlement européen de 1979 à 1984, il accédera finalement à la fonction de président du Parlement européen de 1984 à 1987, une période marquée par plusieurs évènements symboliques pour la continuité de la construction européenne : la signature de l’Acte unique européen, l’adhésion à la Communauté de l’Espagne et du Portugal ainsi que l’adoption officielle par la Communauté européenne du drapeau et de l’hymne européen. Pendant son mandat de deux ans et demi à la tête du Parlement européen, Pierre Pflimlin a contribué de manière considérable à l’augmentation des pouvoirs de l’assemblée dans la prise de décision européenne. Il a notamment fait en sorte que le Parlement soit très étroitement associé à la perspective de « Grand marché » grâce à l’instauration de la « procédure de coopération », instauré par l’Acte unique européen, donnant au Parlement européen une plus grande possibilité d’influencer le processus législatif européen par une « double lecture » des propositions législatives de la Commission européenne. Cette procédure servira en quelque sorte de transition entre la procédure de consultation simple dont était l’objet le Parlement au départ de la construction européenne, limitant le rôle de l’assemblée parlementaire à celle d’une assemblée consultative, et la procédure de co-décision (procédure de décision instaurée par le traité de Maastricht) mettant aujourd’hui le Parlement européen sur un pied d’égalité avec le Conseil de l’Union européenne en matière décisionnelle. Pierre Pflimlin a également contribué à souligner l’importance du Parlement européen dans l’adoption du budget communautaire. Ayant refusé de signer le projet de budget pour 1985 qui, selon lui, était insuffisant pour couvrir les besoins de la Communauté (pourtant « formellement » identifiés au niveau politique par le Conseil européen), il a démontré l’impossibilité pour la Communauté européenne d’avoir un budget sans la signature du président du Parlement européen, l’assemblée faisant partie intégrante de l’autorité budgétaire européenne. Pierre Pflimlin restera membre du Parlement européen jusqu’en juin 1989. Il quittera définitivement l’assemblée parlementaire européenne au mois de juillet 1989 et mettra par la même occasion une fin à sa vie publique. -« Mulhousien d’origine et strasbourgeois d’adoption, je n’ai aucun mal à me considérer comme un Alsacien français, militant de l’Europe », Mémoires d’un Européen. Paris, Fayard, 1991. -« Je suis Européen parce que je suis Alsacien ». -« J'étais dès ma jeunesse
convaincu qu'il fallait mettre fin à l'hostilité séculaire entre la France et
l'Allemagne, que l'Alsace peut-être avait vocation de servir de trait d'union. -« J'espère qu'il y aura assez d'hommes et de femmes déterminés pour entreprendre cette grande tâche de la construction de l'Europe du XXle siècle. Europe de prospérité, oui, Europe de puissance pour la paix, Europe aussi et surtout résolue à affirmer face au monde la primauté des valeurs de l'esprit. »Conseil de l’Europe, 90ème anniversaire de Pierre Pflimlin. -« Je pense que nous devons chercher quelque manière de concilier la nécessité de l'élargissement de la Communauté - nul d'entre nous n'a le droit de tenir à l'écart du processus d'unification quelque pays de l'Europe libre que ce soit- et la nécessité non moins impérieuse de donner à la Communauté la cohésion, le dynamisme et, partant l'efficacité dont elle a besoin ».Assemblée Consultative du Conseil de l'Europe, le 24 septembre 1962 à Strasbourg - L’Europe communautaire, en collaboration avec Raymond Legrand-Lane, Paris, Plon, 1966. - Le Cheminement de l’idée européenne, Fribourg, Ed. Univers, 1977. - Entretiens avec Pierre Pflimlin. Itinéraires d’un Européen, Jean-Louis English et Daniel Riot, Strasbourg, La Nuée Bleue, 1989. - Mémoires d’un Européen, de la IVe à la Ve République, Paris, Fayard, 1991. Interview Pierre Pflimlin Discours de Pierre Pflimlin Discours de Pierre Pflimlin, Maire de Strasbourg
(Strasbourg, 28 janvier 1977) Interview de Philippe Edel, Ancien assistant parlementaire de Pierre Pflimlin au Parlement européen | Photo du moisL'agenda européen
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