Interview

Olli REHN
Commissaire européen à l’élargissement

Commissaire européen à l’élargissement, Monsieur O. Rehn répond à nos questions sur les élargissements de l'Union européenne, la question chypriote, la Turquie et le Kosovo.
Olli Rehn

O. Rehn, © Commission européenne

Q: Les élargissements de l’Union ont été d’incontestables succès politiques et économiques, mais ils sont mal perçus par les Européens (et particulièrement les Français). Comment l’expliquez-vous ?
R: L'élargissement de 2004 et 2007 aux pays d'Europe centrale et orientale ainsi qu'à Chypre et Malte a été un grand succès pour l'Union européenne. Il a néanmoins servi de bouc émissaire pour toutes sortes de problèmes sociaux et économiques qu'a connus l'Europe pendant les années passées.
En réalité, ce dernier cycle d'élargissement a étendu l'espace de paix, de stabilité et de démocratie de notre continent et a renforcé l'économie européenne, en élargissant les marchés, en créant de nouveaux débouchés commerciaux et en intégrant des économies en croissance au marché unique.
Q: L’UE souhaite que les prochaines adhésions soient compatibles avec sa capacité d’absorption. Ce critère ne risque t-il pas de ralentir fortement voir de rendre l’adhésion de « grand pays » tels que la Turquie ou l’Ukraine impossibles ?
R: L'Union doit s'assurer de pouvoir conserver ses capacités de fonctionnement dans l'intérêt de ses citoyens présents et futurs. Pour réconcilier l'intérêt stratégique de l'Union, qui est d’étendre l’espace de paix, de liberté et de prospérité qu'elle a su créer en son sein avec le maintien et le développement de sa capacité de décision et d’action, nous avons consolidé l'agenda de l'élargissement en respectant les engagements déjà pris, c'est-à-dire en nous concentrant sur l'Europe du Sud-est - les Balkans occidentaux et la Turquie. En revanche, à ce stade, nous ne nous sentons pas en mesure de prendre de nouveaux engagements. L'avancement de ces pays là ne dépend pas de leur taille, mais de leur capacité d'avancer dans la mise en œuvre des réformes nécessaires pour permettre à leurs citoyens de profiter de tous les bénéfices que l'Union peut leur offrir, tout en respectant toutes les obligations qui incombent aux Etats membres de l'UE.
Q: Le dialogue politique amorcé récemment entre la Communauté grecque et la Communauté turcophone de Chypre marque t-il un tournant dans le processus d’adhésion de la Turquie ?
R: Je salue les récents développements positifs sur Chypre, tels que la réunion entre les dirigeants des deux communautés sur l'île et leur engagement à prendre la responsabilité de la conduite future des négociations sous l'égide de l'ONU sur la réunification de l'île.
La Commission européenne soutiendra fermement un processus renouvelé des Nations-unis et les deux communautés sur l'île pour aboutir à une solution.
La solution de la question de Chypre contribuera certainement à améliorer le climat autour des négociations d'adhésion de la Turquie. Mais bien évidemment la Turquie doit progresser et remplir les obligations qui découlent du Protocole d'Ankara.
Q: Toute nouvelle adhésion à l’UE est soumise au vote à l’unanimité des pays membres. Dès lors, la négociation avec un pays comme la Turquie n’est-elle pas rendue complexe par le fait qu’un seul pays puisse empêcher l'adhésion de ce pays ?
R: L'admission des nouveaux Etats membres à l'UE est assurée par un processus démocratique, qui nécessite un accord unanime entre les gouvernements des Etats membres de l'Union européenne démocratiquement élus, suivi d'une procédure de ratification suivant les procédures constitutionnelles respectives (voie parlementaire ou référendaire) des Etats membres et du pays candidat. L'approbation du Parlement européen est également indispensable. Ceci a été le cas pendant toute l'histoire de l'UE, alors que la communauté a grandi de 6 à 27 Etats membres.
Q: Cinq Etats membres restent farouchement opposés à la reconnaissance de l’indépendance du Kosovo par crainte de créer un précédent à la reconnaissance d’un nouvel Etat. Comment expliquez-vous cette reconnaissance dispersée des Etats de l’UE ?
R: Le Conseil des ministres des relations extérieures de l'Union européenne a pris note de la résolution de l'assemblée du Kosovo proclamant l'indépendance du Kosovo.
Les Etats membres décident en accord avec leurs pratiques nationales et le droit international de leurs relations avec le Kosovo.
Le Conseil a rappelé l'engagement à long terme de l'Union européenne envers la stabilité des Balkans occidentaux et réaffirmé son engagement en faveur de la perspective européenne de l'ensemble des Balkans occidentaux.

Quelques petites questions en plus ...
 
 

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L'agenda européen


    • 17 mai 2012

      Exposition sur l'Union européenne

    • Exposition organisée par le CIIE en partenariat avec la Médiathèque du Pays de Thann.
    • Lieu : Médiathèque du Pays de Thann
    • 17 mai 2012

      La coupe de l'amitié

    • Événement organisé par La Ligue d'Alsace d'athlétisme, le Cercle sportif de Saint-Louis et la ville de Saint-Louis.
    • Lieu : Stade de la Frontière, Saint-Louis.