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Interview
M. Philippe EDEL
Président de l’Association Alsace-Lituanie
Ancien assistant parlementaire de Pierre Pflimlin au Parlement
européen, M Phillippe EDEL, nous présente "Pierre Pflimlin l'Européen"
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Q:
Dans quelle circonstance avez-vous connu Pierre Pflimlin ?
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R:
C’est sur les conseils de René Uhrich, un de ses plus fidèles
compagnons, que Pierre Pflimlin m’a recruté comme jeune assistant
parlementaire alors qu’il assurait la première vice-présidence du
Parlement européen. J’ai travaillé à ses côtés à temps partiel pendant
presque un an, de septembre 1983 à son élection à la présidence du
Parlement en juillet 1984.
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Q:
Quels souvenirs en gardez-vous ?
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R:
Travailler avec une telle personnalité m’a bien évidemment fortement
marqué, surtout que Pierre Pflimlin avait une grande disponibilité à ce
moment-là ; il venait de quitter les fonctions de maire de Strasbourg
et ne présidait pas encore le Parlement.
De cette époque, je retiens
surtout deux souvenirs. D’abord, ses saines colères à l’encontre de
ceux qui voulaient dater la genèse de la construction européenne au
Traité de Rome de 1958, ou contre ceux – souvent les mêmes – qui
voulaient faire naître la réconciliation franco-allemande à la
rencontre De Gaulle-Adenauer et au Traité de l’Elysée de 1963. Pour
Pierre Pflimlin, ces deux dynamiques essentielles pour l’Europe de
l’après-guerre avaient une seule et même origine : la déclaration
Schuman du 9 mai 1950 dont il aimait à rappeler cet extrait : «
L’Europe ne se fera pas d'un coup, ni dans une construction d'ensemble
: elle se fera par des réalisations concrètes créant d'abord une
solidarité de fait. » Robert Schuman proposait d’abord la mise en
commun du charbon et l’acier, principales composantes du potentiel
militaire ; ainsi, disait Pierre Pflimlin, la guerre entre la France et
l’Allemagne devenait non seulement impensable, mais matériellement
impossible. D’ailleurs, c’est lorsqu’il présidera le Parlement que le
Conseil européen de Milan décida en 1985 de commémorer cet événement en
faisant du 9 mai la Journée de l'Europe. Le deuxième souvenir
marquant concerne ce que nous appelions le « Bloc soviétique » ou les «
Pays de l’Est ». A l’époque, c’était l’inquiétant Youri Andropov qui
était à la tête de l’URSS. Tout comme Robert Schuman, le
démocrate-chrétien qu’était Pierre Pflimlin aimait rappeler que nous
nous devions de ne jamais oublier cette autre moitié de l’Europe qui
vivait sous le joug d’un régime totalitaire. Il ne manquait pas une
occasion de souligner la totale incompatibilité de ce système avec les
principes de liberté, de droit et de respect de la dignité humaine. -
Q:
Fervent défenseur de l’Europe et de l’Europe à Strasbourg, que pouvez-vous nous dire de l’engagement européen de Pierre Pflimlin ?
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R:
L’engagement européen le plus physique dont je me souviens, c’est quand
Pierre Pflimlin est venu personnellement participer – à 84 ans – à la
manifestation que nous avions organisée sur la place Kléber, le 15
janvier 1991, à l’appel de Adrien Zeller, Marcel Rudloff et Yvonne
Knorr. Il s’agissait de marquer notre solidarité avec la Lituanie, le
surlendemain du coup de force soviétique contre la télévision de
Vilnius qui s’était soldé par 13 morts. Trois ans plus tard, à ma
demande, Pierre Pflimlin avait accepté de rédiger l’introduction d’une
brochure en langue lituanienne sur l’Alsace, que notre association
coédita avec La Nuée Bleue, dans laquelle il rappela que c’est à
Strasbourg que la Lituanie retrouva sa place en Europe, lors de son
adhésion au Conseil de l’Europe le 14 mai 1993.
| L'agenda européen
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15 février 2012
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Lieu :
Librairie Kléber 1 rue des Francs-Bourgeois, Strasbourg
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