|
Interview
Herbert REUL
Député européen, président de la commission de l'industrie, de la recherche et de l'énergie
Herbert Reul (PPE-DE), député
européen et président la commission parlementaire de l’industrie, de la
recherche et de l’énergie, nous donne sa vision des défis de l’Union européenne
en matière d’énergie et de ressources durables.
© Parlement européen
-
Q:
Quel a été l’impact du Traité de Lisbonne sur le travail du Parlement européen et comment évaluez-vous ses effets ?
-
R:
Le Traité de Lisbonne est
un gain car il définit plus clairement les compétences du Parlement, il rend
notre travail plus efficace et renforce également son influence. Ces apports
ont d´importantes conséquences sur notre travail, que nous devons
nécessairement adapter à ce nouveau cadre. Premièrement, le traité nous
attribue de nouvelles compétences dans des domaines dans lesquels nous n'avions
pas jusqu'à présent notre mot à dire. Le traité va également changer le mode de
fonctionnement inter-institutionnel, car la participation plus active des
parlements nationaux va influer sur la manière de travailler entre le Conseil
de l’Union, le Parlement européen et la Commission européenne. Pour l’heure, nous sommes
encore dans une phase d’adaptation à ces changements. -
Q:
Pourquoi avez-vous vous décidé de vous engager dans la commission de l’industrie, de la recherche et de l’énergie ?
-
R:
Ce sont des questions d’avenir,
des questions qui sont plus importantes pour l’Europe que d’autres. Ce sont des
problématiques qui sont très intéressantes pour mon pays et surtout pour mon
Land, la Rhénanie-Du-Nord-Westphalie
car c’est une région industrielle. Dans ce contexte, je souhaite contribuer à la
recherche d’une réponse à ces questions. Je voudrais pouvoir influer suffisamment
pour que soit répondu à ces questions par de l’innovation, de la recherche et
de la technologie. J’aimerais
contribuer à ce que l’Europe reste un site industriel à l’avenir, ce qui fait
actuellement débat entre les partis, mais aussi au sein même des partis. -
Q:
Que pensez-vous de l’énergie atomique et pourquoi l’utilisation des centrales atomiques est-elle si vivement discutée en Allemagne ?
-
R:
Je suis favorable à
l’énergie atomique. A mon avis, il serait irresponsable de se priver de
l’énergie atomique, parce qu’elle est l’une des réponses – mais pas la seule –
et parce que nous aurons indéniablement un déficit énergétique à l’avenir,
puisque la demande des ressources énergétiques fossiles est plus importante que
l’offre. Dans ce contexte, nous ne pouvons pas nous permettre d’y renoncer,
d'autant plus que l’énergie atomique est écologique, n’a pas d’impacts négatifs
sur le changement climatique et se trouve être bon marché. De surcroît, il
s’agit d’une ressource énergétique qui ne nous rend pas dépendants des puissances
politiques étrangères. Y renoncer serait ainsi vraiment irresponsable. Quant au débat sur
l’énergie atomique en Allemagne, c’est un débat historique qui suscite émotion et
différends idéologiques. On ne peut pas ignorer cela. D’autres États en
discutent de manière plus rationnelle. Ils voient l’approvisionnement
énergétique, ils voient la nécessité et ils tendent à solutionner rationnellement
les problèmes. En Allemagne, il existe une grande irrationalité à ce sujet-là. -
Q:
En matière d’énergies renouvelables, quelles alternatives à l’énergie atomique considérez-vous comme utiles, raisonnables et réalistes et dans quel laps de temps pourraient-elles remplacer l’énergie atomique ?
-
R:
Les énergies
renouvelables vont jouer un rôle de plus en plus important à l’avenir. Le
problème est qu’elles n’existent pas en quantités suffisantes et à des prix
raisonnables. C’est pour cette raison que l’on ne pourra pas renoncer à
d’autres sources d’énergie. Je suis parfois surpris de
la précision avec laquelle certains politiciens peuvent prédire à quel moment et
en quelles quantités seront à disposition quelles énergies renouvelables. Moi,
je ne me prononce pas, car c’est un processus évolutif. Je sais qu’on ne
solutionnera pas nos problèmes d’approvisionnement énergétique avec les énergies
renouvelables pour le moment, ni même dans un avenir proche, non seulement à
cause des quantités, mais également à cause des prix. Mais cela pourra
probablement être le cas à moyen ou à long terme, car des effets de
rationalisation pourront certainement être obtenus. -
Q:
Quels sont les effets de la dépendance de l’Union européenne aux pays exportateurs riches en ressources, comme la Russie ?
-
R:
Ce n’est pas seulement
une dépendance économique qui se met en place, mais aussi une dépendance politique
qui peut en résulter. La Russie
utilise sciemment sa puissance en matière d’approvisionnement énergétique.
Elle-même table sur le charbon et surtout sur l’énergie atomique. Elle vend du
gaz afin d’organiser des dépendances, c’est-à-dire que la Russie essaie de
réinstaller son pouvoir politique perdu à travers le pouvoir énergétique, ce
qui est intelligent. Elle dispose d’une richesse naturelle en matières
premières et elle s’en sert. Ce qui serait dommage c’est que l'Europe entre
dans son jeu en misant uniquement sur les ressources russes. Il est important
que nous ne devenions pas dépendants du pétrole et du gaz de la Russie uniquement - et particulièrement
du gaz - mais que nous utilisions également d’autres sources et que nous
trouvions des voies différentes. En cela, la construction de pipelines
supplémentaires ou la diversification des pipelines, est certainement juste et
intelligente. La question qui se pose - et c’est une question ouverte – est de
savoir si cela est rentable. L’avenir du projet Nabucco, par exemple, dépend de
notre capacité à obtenir assez de gaz d’autres sources pour que cette construction
coûteuse soit vraiment rentable. Si la diversification est suffisante, les
entreprises vont construire, si tel n’est pas le cas, elles ne vont pas
construire. Tout le problème est là. La construction de ce nouveau pipeline
serait souhaitable, parce que cela impliquerait une source supplémentaire
diminuant par ce fait la dépendance.
| L'agenda européen
-
17 mai 2012
- Événement organisé par le CIIE avec le soutien de la Ville d'Erstein.
-
17 mai 2012
- Exposition organisée par le CIIE en partenariat avec la Médiathèque du Pays de Thann.
-
Lieu :
Médiathèque du Pays de Thann
-
17 mai 2012
- Événement organisé par La Ligue d'Alsace d'athlétisme, le Cercle sportif de Saint-Louis et la ville de Saint-Louis.
-
Lieu :
Stade de la Frontière, Saint-Louis.
|