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Interview
Angelika Schülke
Ressortissante de l'ex RDA
Angelika Schülke, ouvrière qualifiée pour l’enlèvement de copeaux - fraiseuse en ex-RDA témoigne pour nous à l'occasion des 20 ans de la chute du mur de cet évènement historique. .
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Q:
Que faisiez-vous au moment de la chute du mur ?
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R:
Ce soir là, je jouais au bowling avec mon groupe de travail. Nous avons appris la nouvelle plus tard dans la soirée. C’est notre chef, aussi membre du parti, qui nous en a informé. A ce moment là, nous n’avons pas cru ce qu’il nous disait et nous nous sommes considérés roulés. Certains d’entre nous avaient trop bu. Le lendemain matin, la réalité nous a rattrapés et nous étions tristes de ne pas avoir vraiment profité de ce moment.
J’étais heureuse d’avoir désormais le droit, sans aucune
barrière, de rendre visite à ma famille vivant à l’Ouest. Je n’avais pas de
plus grand projet à ce moment précis, j’avais toujours en arrière pensée l’idée
que ça ne pourrait pas durer longtemps. J’ai passé la frontière pour la première fois le 11 novembre 1989 avec une Trabi prêtée par une connaissance. Bien que l’ouverture du mur remontait déjà à 3 jours, des personnes se tenaient encore sur le pont et nous ovationnaient. C’était vraiment touchant. Avec "l'argent de bienvenue" donné aux allemands de l'Est j‘ai acheté
une rose rouge que j‘ai offerte à ma tante lors de notre première
visite à Neu Kölln. Elle était très contente et en fait nous attendait
plus tôt. Ensuite, nous avons pris le train pour aller au Kuhdamm où
nous avons fait une expérience palpitante. Beaucoup de stations de
radio étaient dans la rue. J‘ai été choisie pour participer à un quiz
et répondre à des questions. Ayant répondu correctement, j‘ai gagné des
tickets d‘entrée pour le plus gros cinéma du Kuhdamm ainsi que des
tickets d‘entrée pour la piste de trot à Mariendorf, du parfum et une
cassette avec l‘enregistrement du quiz dans la rue. Par ailleurs, ce
jour là, je me suis procurée un éclat original du mur – pas un éclat
imité, mais extrait par moi-même. Il se trouve aujourd‘hui encore dans
ma cassette. -
Q:
Avez-vous participé aux premières manifestations ?
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R:
Oui, de là où j’étais originaire, à Zehdenick, des manifestations avaient lieu le lundi. A chaque fois que mes horaires me le permettaient, je participais à ces manifestations. Nous allions souvent à l’église ou à la maison de la culture de Zehdenick. Ici avaient lieu des débats houleux sur la situation de l’époque et nos souhaits pour l’avenir étaient énoncés. Nos manifestations étaient aussi surveillées par les membres de la Stasi de la localité voisine de Gransee.
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Q:
Que représentait le mur pour vous ?
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R:
Comme enfant on ne l‘a pas vraiment perçu, mais comme adolescente j‘ai commencé à ruminer. Comme j‘ai eu de la chance, suite à une invitation, d‘aller en Allemagne de l’Ouest en 1987, ma position au sujet de l‘Etat a radicalement changé. Le contrôle des voyageurs à la station Friedrichstraße était pure chicane. Seulement à ce moment-là, j‘ai perçu de manière très forte que je vivais dans une prison. On a vraiment pris peur de faire quelque chose mal qu’on a perdu l‘envie de rire. Ce n‘était que lorsque le train passait la station frontière de Marienborn qu‘il y avait un soulagement.
J‘avais néanmoins régulièrement des contact avec ma marraine et mes cousines. Des paquets, certes toujours fouillés et mal remballés, arrivaient également. Seulement une chose m‘a mise en garde: Comme j‘avais de la famille à l‘ouest, je n’ai pas pu apprendre la profession que je voulais. Je voulais devenir ingénieur en télécommunications. On a réclamé de moi d‘interrompre le contact avec ma famille dans l‘ouest. Etant donné que j‘avais déjà mon petit caractère à l‘époque, j‘ai refusé strictement cette demande. J‘ai préféré exercer une autre profession plutôt que de rejeter les liens du sang ! -
Q:
Avez-vous un souvenir positif de l’ancien système ?
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R:
Au fond, je dois répondre „oui“, car j‘ai eu une enfance belle et protégée et plus tard avec mon travail aussi. En raison des bons rendements, on recevait également des prix qui étaient le plus souvent des voyages dans d’autres pays de l’Est. Le systeme de sécurité sociale était une bonne protection à vie pour les citoyens de la RDA.
J'ai aussi de beaux souvenirs de mon enfance et adolescence. J‘ai encore beaucoup de souvenirs de l‘époque. Des objets qui nous ont accompagnés pendant notre vie et qui, même aujourd‘hui, nous rattrapent de nouveau parce que ils étaient bons. -
Q:
Quand vous regardez 20 ans en arrière, avez-vous de la nostalgie pour cette époque et si oui pourquoi ?
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R:
Tôt ou tard, il fallait s‘attendre à ce que les deux Etats allemands se réunifient, après les premiers signes apparus au milieu des années 80. Personnellement, je trouve ça bien comme c’est maintenant. Je suis née en Allemagne en 1959, j‘ai passé mon enfance et une partie de mon adolescence en RDA et maintenant je peux continuer à vivre dans une Allemagne réunifiée. Chacun est l‘artisan de son propre bonheur et qui celui qui cesse de se battre, perdra! Les gens qui veulent le retour de la RDA n‘ont pas de perspective. Il y avait de bonnes et de mauvaises choses. Quand on mélange les bonnes choses des deux Etats allemands de cette époque-là, on a des bonnes perspectives d‘avenir.
| L'agenda européen
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15 février 2012
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Lieu :
Librairie Kléber 1 rue des Francs-Bourgeois, Strasbourg
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